La CERN appelle à l’évaluation du mécanisme de traçabilité des minerais congolais

La Commission Épiscopale pour les Ressources Naturelles (CERN-CENCO) a participé au 13è Forum sur les chaînes d’approvisionnement responsables en minéraux organisé à Paris en France du 23 au 25 avril 2019  par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE. Son secrétaire exécutif, Henri Muhiya, a appelé à l’évaluation du mécanisme de traçabilité des minerais congolais.

Ce forum se tient chaque année au siège de l’OCDE et regroupe les acteurs du monde des entreprises, ceux des gouvernements, de la société civile dans le but d’assurer la traçabilité des minerais. Pays riche en minerais et autres ressources naturelles, la République démocratique du Congo y fait l’objet d’une attention particulière. Cependant, les recommandations faites par ce forum ne parviennent pas encore à booster le développement de ce pays, a estimé Henri Muhiya, secrétaire exécutif de la CERN dans une interview à la Radio France internationale (RFI).

M. Henri Muhiya, Secrétaire Exécutif de la CERN/CENCO, participant à la conférence internationale sur l’eau le 8 novembre 2018 à Rome (Image d’archives).

Question : Il y a-t-il d’avancées en terme de traçabilité des minerais congolais?

Henri Muhiya : « Il y a une petite avancée, mais il faut voir l’engagement des États et l’engagement même des entreprises. Maintenant on a l’impression qu’il s’agit d’un combat entre ceux qui sont autour de la OCDE et les autres qui accèdent aux minerais comme les chinois par exemple. Donc, il faut voir comment chacun met en œuvre ces recommandations : que ce soit les États, que ce soit les entreprises, que ce soit les exploitants. Parce que au bout de la chaîne, vous avez l’impression que même le coup de la traçabilité pèse plus sur les [exploitants]artisanaux que sur les négociants et les utilisateurs finaux ».

Question : Estimez-vous aujourd’hui que les exploitants artisanaux sont plus protégés?

Henri Muhiya : « Il faut évaluer tout le mécanisme pour savoir comment on a avancé et qu’est ce qu’il y a encore comme défis. Parce que si les mécanismes sont financés ou payés en quelques partie par le petit qui est dans le trou, je pense qu’il n’en profite pas. Or, on veut bien le protéger et au delà de ce qu’on appelle les minerais de conflit il y a toute la question du développement. Si la population n’en profite pas à quoi ça sert la traçabilité ? ».

Question : Est-ce que cette fois-ci, la voix de la société civile congolaise a été entendu par l’OCDE ?

Henri Muhiya : « Être entendu ne suffit pas. Il faut que les choses soient mises en œuvre. C’est cela qu’on attend. On attend cela de la part des États, de la part des entreprises, de la part même de l’État congolais mais aussi et surtout de la part des États voisins de la RDC ».

Cern

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