Dans la maison commune, un cri du Bassin du Congo

Le cri de la forêt

  • Je couvre la terre de ma verdure.
  • Je régule la température par la photosynthèse et mes tourbières.
  • Je retire le dioxyde de carbone et je donne l’oxygène à l’humanité.
  • Mes feuilles , mes fleurs, mes racines, ma sève, servent de nourriture aux être vivants.
  • Mon ombrage sert de refuge aux animaux, aux oiseaux et aux multiples insectes.
  • Mais je suis menacée de déforestation. Mes arbres coupés ne sont pas remplacés. Quand on dit m’exploiter légalement, la population qui m’habite n’en profite pas. Mes grumes coupées pour le commerce sont parfois abandonnées à leur triste sort.

Le cri de l’eau

  • Je suis la source de vie
  • Mais je suis polluée par des déchets ménagers, des métaux lourds, des hydrocarbures et d’autres substances toxiques.
  • Je suis menacée d’assèchement, je suis gaspillée.
  • Mes espaces  protégés pour la reproduction des organismes aquatiques sont dévastés.
  • Au lieu de m’aider à étancher la soif même des plus démunis, je suis réduite en une marchandise onéreuse dans des bouteilles en plastique.
  • Dites-moi comment être solidaire avec le Lac Tchad en assèchement et sauvegarder la forêt et les tourbières du Bassin du Congo pour lutter contre le changement climatique.

Le cri du règne animal et des oiseaux

  • J’ai été créé avant l’homme.
  • Par ma diversité, je donne mouvement à la nature silencieuse.
  • Par mes cris et mes chants différents des flots des fleuves et des rivières et du bruit du vent, je donne sens à la diversité de la vie.
  • Par mon régime alimentaire, je transporte des semences de plantes en milieux divers.
  • Pourtant, vous détruisez mon habitat, mes espaces de reproduction, ma nourriture, ma boisson.
  • Vous m’exterminez par le braconnage et vous me déracinez de ma terre pour me vendre dans le monde entier.

Le cri de la terre

  • Je suis la Terre , votre Mère. Vous partez de moi et finissez par moi.
  • Je vous donne l’habitat et la nourriture.
  • Je distille votre boisson naturelle.
  • Pourtant, vous me sillonnez des frontières d’Etats.
  • Vous me crevez les entrailles à la recherche des minerais et des hydrocarbures.
  • Vous me laissez avec des plaies béantes et des érosions non comblées.
  • Vous me soumettez à la chaleur des feux de brousse.
  • Vous détruisez ma fertilité en déversant sur moi des substances toxiques.

Le cri de la race humaine

  • Je suis sur une terre riche mais je suis pauvre.
  • A cause de mes richesses, je m’enlise dans des conflits fratricides.
  • Même quand les richesses sont exploitées, le revenu n’est pas équitablement réparti.
  • Je vis sur la même terre aux inégalités et injustices entre la minorité dirigeante et la majorité croupissante.
  • A cause de tout ceci, nous sommes soumis aux migrations économiques et climatiques, à l’errance entre les frontières des Etats, exposés aux expulsions violentes sans respect des droits humains.
  • Boko Haram, Éleveurs Mbororo, Seleka Anti-Balaka, LRA, FDLR, Kamwina Nsapu, ADF NALU, font partie de mon lot à côté de la plus grande mission des Nations unies.

La responsabilité de la race humaine

  • Auprès de qui crierai-je?
  • Mes élections sont truquées et contrôlées à distance au prix des enjeux géostratégiques sur les ressources naturelles.
  • Mes gouvernants sont minés par la corruption et l’insouciance de l’intérêt commun. Et la justice est muette.
  • Qui a dit que le Bloc Est-Ouest s’est effondré avec le mur de Berlin?
  • Un nouveau mur oppose les intérêts de la Chine et de l’Occident.
  • Le Bassin du Congo en est un champ d’expérimentation . Le cobalt, le coltan, l’uranium, le pétrole constituent des appâts.
  • Pendant ce temps, l’ignorance constitue un facteur de recul et de destruction, si pas d’autodestruction.

L’Eglise fait-elle assez?

  • Son influence sur les mécanismes d’accès aux ressources naturelles et de protection de l’environnement  n’est pas encore suffisante.
  • L’influence sur les élections par l’éducation civique et électorale ainsi que l’observation électorale n’est pas suffisante pour améliorer la gouvernance politique et économique, mais aussi la gouvernance environnementale.
  • L’Eglise Mère éducatrice n’agit pas encore assez sur la citoyenneté écologique à travers ses programmes scolaires et sa catéchèse.
  • L’Eglise prêche-t-elle par l’exemple? Ses mises en cause récentes sur la protections des mineurs devraient s’étendre sur d’autres domaines dont celui de l’écologie et du dialogue inter-religieux et multi-acteurs à cet effet.
  • L’action entamée sur les populations autochtones devrait s’intensifier.

Existe-t-il des alternatives dans les pays du Bassin du Congo?

  • Comme mise en oeuvre de Laudoto Si’, la CENCO entend protéger la plus vaste forêt primaire urbaine de la ville de Kinshasa en un Centre écologique pour la recherche et la formation de multiples groupes cibles.
  • La forêt du Lac de Ma Vallée veut abriter le  CELAV (Centre Écologique du Lac de Ma Vallée).

 

Par Henri MUHIYA

Secrétaire Exécutif de la CERN/CENCO

Membre du Comité Exécutif du REBAC

Une présentation faite le 19 mars 2019 à Washington lors de la Conférence internationale sur l' »Ecologie Intégrale ».

 

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