Le Bassin du Congo confronté à une déforestation croissante

« Le Bassin du Congo connaît un taux de déforestation toujours en croissance, a affirmé le mardi  18 mars 2019 à Washington (USA) Mgr Donat Bafuidinsoni Maloko-Mana, évêque d’Inongo (RD Congo), lors d’une conférence internationale sur « l’écologie intégrale ». « Entre 2000 et 2012, le Mai-Ndombe a perdu 2.695 km2 de forêts soit 269.500 ha, soit 2% de la superficie forestière totale, et 4% des forêts communautaires exondées, où l’essentiel de la déforestation et de la dégradation forestière se déroule ».
Dans sa présentation intitulée: « Les conflits socio-environnementaux et risques pour l’avenir des communautés locales dans le bassin du Congo », le prélat a estimé que sauvegarde de cette réserve stratégique pour l’humanité, pose aujourd’hui problème en raison notamment de « la pression démographique ».


Cette situation donne lieu à des « conflits fonciers » qui surgissent entre, d’une part, les populations qui partagent le même espace de vie, et, d’autre part, entre les populations locales et les exploitants des ressources naturelles, a-t-il expliqué.
Pour le prélat catholique, les moteurs de la déforestation et la dégradation des forêts sont notamment la coupe illégale et/ou légale des bois d’œuvres, l’agriculture itinérante sur brûlis, la carbonisation de bois ainsi que le feu de brousse.
S’agissant de la carbonisation de bois, Mgr Bafuidinsoni a soutenu que « la riposte envisagée par la stratégie cadre nationale REDD+ n’en est pas proportionnelle ». Le prélat a cependant rappelé que « la sauvegarde de l’écosystème suppose un regard qui aille au-delà de l’immédiat, car lorsqu’on cherche seulement un rendement économique rapide et facile, leur préservation n’intéresse réellement personne. Mais le coût des dommages occasionnés par négligence égoïste est beaucoup plus élevé que le bénéfice économique qui peut être obtenu », citant ainsi l’encyclique du pape François sur l’environnement.
Mgr Bafuidinsoni a aussi soutenu que « l’accaparement des terres est un phénomène nouveau qui menace la quiétude des communautés locales » avec l’occupation à grande échelles, par des porteurs de projets, des grands espaces pour multiples usages. Il a à cet effet cité : l’élevage des gros bétails; l’agriculture extensive, surtout l’agroforesterie ; l’acquisition des grandes et plusieurs concessions forestières soit pour l’exploitation des bois d’œuvre, soit pour la conservation. A cela, s’ajoute l’extension des réserves forestières pour la préservation de la faune, a-t-il expliqué.
Mgr Bafuidinsoni a en outre relevé le cas de nombreux conflits liés à la répartition équitable des revenus de l’exploitation des ressources naturelles dans la région de Mai-Ndombe qui assiste impuissamment, depuis la période coloniale, « au pillage de ses ressources sans compensassions équitables pour les communautés locales ».
L’accès à la terre est à la base des conflits qui ont parfois éclaté en affrontement violents dans la région. Ainsi, en décembre 2018 à Yumbi, l’affrontement entre les Banunu-Bobangi (riverains) et le Batende (propriétaires terriens) a fait plusieurs morts.
Le bassin du Congo renferme, après l’Amazonie, la plus grande forêt fluviale au monde. Elle s’étend sur deux millions de Km 2 répartis principalement sur 6 pays de l’Afrique centrale, à savoir le Cameroun, la République Centrafricaine, la République du Congo, la République Démocratique du Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale. A ces pays, on pourrait ajouter l’Angola, le Burundi, le Rwanda, la Tanzanie et la Zambie.
De cette forêt du Bassin du Congo dépend la vie ou la survie des centaines de millions d’hommes. Riche en biodiversité, on y rencontre plusieurs espèces en faune et flore ; ses grands fleuves et rivières sont une réserve précieuse en eau douce et en ressources halieutiques.
Cern

 

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