Kongo-central : développement communautaire grâce aux retombés de l’exploitation minière

L’Observatoire des ressources naturelles du diocèse de Matadi a organisé en septembre 2018 une session de formation à l’intention des représentants de quatre cités de la province du Kongo-central afin de les sensibiliser sur l’importance de s’organiser en vue de bénéficier du financement des entreprises minières dans cette partie de la République démocratique du Congo.

Pendant deux jours, les représentants des cités de Songololo, Lukula, Matadi et Kimpese on participé à cette session de formation du 10 au 11 septembre où une attention particulière a été accordée à la question relative à l’organisation « des communautés pour capter les 0,3% du chiffre d’affaires que les entreprises doivent mettre à leur disposition et de le canaliser vers les activités du développement à la base », a rapporté le secrétaire adjoint de la Cern, Coco Mbangu. « S’il n’y a pas d’organisation, il est difficile de voir les communautés se développer », a insisté M. Mbangu au retour de cette mission.

Une étude menée en 2017 par l’observatoire des ressources naturelles de Matadi avait indiqué que « la présence de la cimenterie de Lukala a impacté positivement sur la vie sociale des populations ». Selon ce rapport, l’accès aux réseaux de télécommunication et à l’énergie (eau et électricité), la disponibilité des débouchées de routes, la réhabilitation des écoles constituent les éléments de preuve de cet impact positif. La cimenterie était alors présentée comme  « le poumon économique de Lukala », une cité située à environ 180 km au sud de Kinshasa. Malgré cette situation, la cimenterie reste en conflit avec « les ayants-droits fonciers » qui réclament plus d’avantages au détriment de l’ensemble de la communauté locale où le projet est implanté, rapporte l’ORN de Matadi.

Le nouveau code minier congolais de mars 2018 qualifie d’ayant droit, « toute personne physique de nationalité congolaise ayant la jouissance du sol en vertu du droit coutumier ou toute personne physique ou morale occupant le sol en vertu d’un titre foncier ». Selon l’art 281 de cette loi, « toute occupation de terrain privant les ayants-droits de la jouissance du sol, toute modification rendant le terrain impropre à la culture entraîne, pour le titulaire ou l’amodiataire des droits miniers et/ou de carrières, à la demande des ayants-droits du terrain et à leur convenance, l’obligation de payer une juste indemnité correspondant soit au loyer, soit à la valeur du terrain lors de son occupation, augmentée de la moitié ».

Dans ce contexte, le nouveau code minier (dans son art 285) indique qu’« une dotation minimale de 0,3% du chiffre d’affaires pour contribuer aux projets de développement communautaire » doit être mise à disposition des communautés locales environnantes directement concernées par le projet minier.

Outre cet aspect financier, un accent particulier a également été mis sur la protection de l’environnement face à la sécheresse qui s’observe dans la province agricole du Kongo-central. Il a ainsi été relevé que « les gens ne font plus le reboisement, plusieurs espèces animales ont disparu ». D’où, l’importance de changer de comportement, a estimé M. Mbangu lors de ces échanges.

Cern-Cenco

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