Haut-Katanga : Mgr Muteba invite les autorités à organiser le ramassage de bois rouge abandonné par des exploitants artisanaux

L’évêque de Kwila-Kasenga, Mgr Fulgence Muteba, a invité les autorités de la province du Haut-Katanga à organiser le ramassage d’une importante quantité de bois rouge abandonné par des « exploitants artisanaux » dans le sud est de la République démocratique du Congo.
Des centaines d’arbres abattus étaient abandonnés dans un site forestier à Sapwe, une localité située à environ 110 km de la ville de Lubumbashi, capitale de la province du Haut-Katanga, a constaté un responsable de la Cern-Cenco.
Il revient au gouvernement provincial de prendre « ses responsabilités » afin « d’organiser le ramassage, l’entreposage des grumes et peut être la vente pour construire des écoles, des hôpitaux », a déclaré Mgr Fulgence Muteba.
Cela permettra « au moins, qu’on ne puisse pas gaspiller ce qui a déjà été coupé », a-t-il estimé. Ces arbres, une variété de padouk, bois très dense prisé pour la construction et l’ébénisterie, ont été « laissés par des exploitants artisanaux qui ont abandonné tous ces grumes quand nous avons fait du bruit et jusqu’à présent ça traine » sans que personne ne vienne les réclamer, a indiqué le prélat catholique.
En 2016, Mgr Muteba avait dénoncé des actes d’exploitation illégale du « mukula » (bois rouge) commise par des ressortissants chinois. Le prélat avait alors lancé un appel aux autorités congolaises à prendre des « mesures efficaces » pour « arrêter la spoliation de ce patrimoine, protéger ce bois précieux et sauvegarder l’écosystème en vue du bien commun et, particulièrement, de l’équilibre climatique ».
En mai 2017, quatorze citoyens chinois accusés d' »exportation illégale » de bois rouges congolais avaient été arrêtés dans la province du Haut-Katanga. Les autorités avaient alors indiqué qu’en quatre mois, 17.000 tonnes de bois rouge ont fait effectivement l’objet d’exportation illégale vers la Chine, en passant par la Zambie, voisine.
Les paysages de savane boisée du Haut-Katanga sont ravagés depuis des années par l’exploitation forestière illégale, tournée principalement vers la production de charbon de bois, pratiquement la seule source d’énergie disponible pour la population, largement privée d’électricité.
Mgr Muteba estime que la population riveraine n’est pas suffisamment sensibilisée sur cette affaire dans une région où « les jeunes affichent une certaine indifférence » par rapport à la question de la protection de l’environnement et que certains « participent aussi au pillage » lorsqu’ils sont engagés par des exploitants artisanaux dans la coupe des arbres.
Néanmoins, des actions de sensibilisation sont en train d’être menées par les autorités du diocèse de Kilwa-Kasenga qui travaillent avec des chefs coutumiers dans certains villages en faveur de la protection de la nature.
Cern-Cenco

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